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Barcelone, Du 24 au 26 juillet 2008

Argument


Malgré les progrès de la civilisation et de l'état de droit, la violence continue d'affecter douloureusement l'existence des couples et des familles qui en sont même le terrain privilégié. Les formes de cette violence sont multiples et maintenant mieux connues, du moins dans leurs manifestations physiques. Les formes psychiques -- incestualité, perversion narcissique, secrets pathologiques, effets de la maladie mentale d'un sujet sur sa famille etc. -- restent encore largement méconnues. Quant aux agirs violents, survenant lors des périodes critiques de la vie familiale (périnatalité, adolescence, grand âge), ils méritent une attention particulière car le poids de la réalité actuelle fait volontiers oublier qu’alors la famille souffre aussi de réminiscences.

Ces violences génèrent, dans l'environnement, y compris dans la psyché des thérapeutes, un puissant déni jusqu’à la sidération parfois. On peut même considérer ce déni comme le principal obstacle à la reconnaissance approfondie des effets désorganisateurs de la violence sur les liens intra et interpsychiques. Qui plus est, le déni en commun favorise la transmission trans-générationnelle et la répétition en après-coup des expériences traumatiques de l’histoire familiale.

Comment comprendre et traiter cette réalité, en prenant en considération les processus inconscients à l'œuvre dans la groupalité familiale ?

Comment transformer en séance les traces psychiques de la violence – familiale, sociétale, culturelle – actuelle ou transmise en héritage ?

Quelle valeur accordons-nous au processus d'autorité dans la famille et dans le socius ainsi qu’aux régulations psychiques qu’il instaure ou aux dysfonctionnements qu’il occasionne ?
Comment peut-on mettre en histoire (construction et narrativité) les formes que prennent, en après-coup et ce parfois dès la période périnatale, le surmoi et l'idéal du moi des sujets du groupe famille où règne la violence ?

Quels fantasmes, quels mythes, quels idéaux collectifs, quels retours hallucinatoires sous-tendent les agirs violents ?

Que deviennent les affects intimes et partagés dans de telles configurations cliniques ?

A ces questions et à bien d'autres nous proposerons des réflexions cliniques, théoriques et pratiques à partir de notre expérience en psychanalyse du couple et de la famille.